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Les phages : un complément possible en cas d’infections chroniques et résistantes aux antibiotiques

Les personnes atteintes de mucoviscidose souffrent fréquemment d’infections bactériennes chroniques, qui deviennent souvent de plus en plus difficiles à traiter au fil du temps. De nombreuses personnes atteintes connaissent le problème de la résistance croissante aux antibiotiques : les bactéries qui réagissaient auparavant bien aux médicaments finissent par ne plus y être sensibles. Cette pression de la résistance fait partie des grands défis thérapeutiques dans le quotidien de la mucoviscidose.

Les phages, également appelés bactériophages, sont des virus qui s’attaquent exclusivement aux bactéries et n’endommagent pas les cellules humaines. Ils s’attachent à une bactérie spécifique, y introduisent leur patrimoine génétique et l’amènent à produire de nouveaux phages. La bactérie finit par être détruite – un processus naturel qui fait l’objet de recherches depuis des décennies.

Cette propriété pourrait être cliniquement intéressante pour les personnes atteintes de mucoviscidose. Les phages sont en effet souvent efficaces même lorsqu’une bactérie est déjà résistante à plusieurs antibiotiques. De plus, les phages ne se multiplient que là où se trouvent leurs bactéries cibles. Dès que l’infection diminue, ils disparaissent d’eux-mêmes de l’organisme, car ils ne peuvent plus se reproduire sans leurs « bactéries hôtes ».

Leur grande spécificité constitue toutefois un défi : un phage n’est généralement efficace que contre un type de bactérie très spécifique, voire seulement contre certaines souches. Pour un éventuel traitement, il faut donc d’abord isoler la bactérie responsable en laboratoire. On vérifie ensuite s’il existe des phages adaptés qui sont effectivement capables de tuer cette bactérie. Il existe déjà des phages adaptés à certains germes fréquents dans la mucoviscidose, mais pour d’autres, la recherche est nettement plus difficile.

Même si les phages offrent de nombreux avantages théoriques, leur utilisation n’est actuellement pas autorisée en tant que traitement régulier en Suisse. Ils ne peuvent être utilisés que dans des cas individuels strictement contrôlés ou dans le cadre d’études, typiquement lorsque les thérapies établies ont été épuisées. Cela s'explique notamment par l’absence d’études cliniques de grande envergure, les questions encore en suspens concernant la pharmacologie et la recherche fastidieuse de phages adaptés à chaque individu.

Bactériophages (« mangeurs de bactéries »)

Malgré ces limites, la phagothérapie est considérée au niveau international comme une approche prometteuse dans la lutte contre les infections difficiles à traiter. En particulier en cas d’infections chroniques et d’agents pathogènes multirésistants (une problématique qui concerne de nombreuses personnes atteintes de mucoviscidose), elle pourrait représenter à l’avenir un complément significatif aux possibilités de traitement existantes.

La recherche évolue rapidement. Avec l’amélioration des connaissances et les nouvelles données cliniques, le rôle de la phagothérapie pourrait évoluer à l’avenir et offrir aux personnes atteintes une option supplémentaire lorsque les traitements conventionnels atteignent leurs limites.

Plus d’informations sur les phages :

https://phagenforum.ch/fr/