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Nouvelle piste de recherche : empêcher les bactéries d’adhérer aux voies respiratoires

Pourquoi les bactéries parviennent-elles particulièrement bien à s’installer dans les voies respiratoires en cas de mucoviscidose ? Des scientifiques de l’Université de Genève ont identifié un mécanisme qui pourrait jouer un rôle important dans ce processus. Ces résultats ouvrent une nouvelle piste pour mieux prévenir les infections pulmonaires à l’avenir.

Malgré les progrès thérapeutiques majeurs de ces dernières années, les infections pulmonaires chroniques restent un défi pour de nombreuses personnes atteintes de mucoviscidose. La bactérie Pseudomonas aeruginosa, en particulier, peut coloniser les voies respiratoires et provoquer des infections persistantes. Une équipe de recherche de l’Université de Genève (UNIGE), autour du professeur Marc Chanson et de Mehdi Badaoui, a étudié plus précisément pourquoi la surface des voies respiratoires favorise l’adhésion de ces bactéries en cas de mucoviscidose. Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Communications Biology. Les scientifiques se sont intéressés à une protéine appelée connexine 43 (Cx43). Celle-ci participe à la communication entre les cellules et joue un rôle important dans l’organisation de la couche cellulaire protectrice des voies respiratoires.

En cas de mucoviscidose, la connexine 43 reste anormalement active lors de la régénération des cellules des voies respiratoires. Cela perturbe leur organisation naturelle. Certaines protéines se retrouvent alors à des endroits inhabituels à la surface des cellules, créant en quelque sorte des «points d’ancrage» auxquels Pseudomonas aeruginosa peut plus facilement adhérer.

Peut-on empêcher les bactéries d’adhérer ?

C’est précisément ce que les scientifiques ont étudié. Ils ont utilisé des peptides mimétiques, de courtes molécules synthétiques permettant d’inhiber l’activité de la connexine 43. Dans les modèles cellulaires de mucoviscidose étudiés, cette approche a permis d’améliorer l’organisation des cellules des voies respiratoires. Dans le même temps, Pseudomonas aeruginosa adhérait nettement moins à la surface des cellules. L’idée est intéressante : plutôt que de combattre les bactéries uniquement lorsqu’elles se sont déjà installées dans les voies respiratoires, une future approche thérapeutique pourrait consister à les empêcher d’y adhérer dès le départ.

Un traitement par peptides mimétiques a permis de réduire le nombre de bactéries présentes à la surface des voies respiratoires (en rouge) dans un modèle de mucoviscidose.

Qu’est-ce que cela signifie pour les personnes atteintes de mucoviscidose ?

Il ne s’agit pas encore d’un nouveau traitement pour les personnes atteintes de mucoviscidose. Les recherches ont jusqu’à présent été menées sur des modèles 3D de cellules humaines des voies respiratoires. D’autres études seront nécessaires pour déterminer si une telle approche pourrait également être utilisée de manière sûre et efficace chez l’être humain. Ces résultats ouvrent toutefois une nouvelle piste : en complément des traitements existants contre les infections respiratoires, il pourrait être possible à l’avenir d’agir directement sur la fonction protectrice des voies respiratoires.

Ces travaux de recherche de l’Université de Genève ont été cofinancés par Mucoviscidose Suisse. Par le biais de notre fonds de recherche, nous soutenons des projets qui contribuent à mieux comprendre la mucoviscidose et à développer de nouvelles possibilités thérapeutiques.