Zoom sur le microbiome des voies respiratoires
Le nez et les voies respiratoires sont également colonisés par une multitude de bactéries, de virus et de champignons, qui constituent ce que l’on appelle le microbiome. Une nouvelle étude menée à Berne et à Boston montre en quoi ce microbiome diffère chez les nourrissons atteints de mucoviscidose et quelle influence l’inhalation d’une solution saline hypertonique pourrait avoir sur celui-ci.
Publié le 18 septembre 2026
On sait déjà que les nourrissons et les enfants atteints de mucoviscidose présentent un microbiome différent de celui des enfants qui n’en sont pas atteints. Une équipe de recherche de Berne et de Boston a donc cherché à mieux cerner les capacités de ces micro-organismes, c’est-à-dire les «outils» dont ils disposent dans leur génome. Pour ce faire, elle a analysé plus de 700 écouvillonnages nasaux réalisés chez des nourrissons atteints ou non de mucoviscidose dans le cadre de l’étude SCILD, menée à l’échelle nationale en Suisse, et de l’étude BILD. Cela a permis d’établir un catalogue complet des gènes du microbiome nasal des enfants.
Comment les micro-organismes réagissent-ils au sel?
L’équipe de recherche a constaté que, dans le cadre du traitement par inhalation de solution saline hypertonique couramment utilisé dans la mucoviscidose, on observe un enrichissement du microbiome en gènes qui aident les micro-organismes à supporter le sel. Les micro-organismes possédant de tels gènes – parmi lesquels la bactérie Haemophilus influenzae et certains champignons – semblaient se propager plus facilement sous traitement.
Cet effet a été confirmé en laboratoire: dans une solution saline hautement concentrée, Haemophilus influenzae s’est multipliée plus rapidement et a activé des mécanismes qui pourraient être liés à une résistance accrue aux antibiotiques.
Que signifient ces résultats pour les personnes atteintes de mucoviscidose?
Il est important de replacer ces résultats dans leur contexte: ils proviennent d’écouvillonnages nasaux et d’expériences en laboratoire. Ils ne montrent pas que les personnes atteintes de mucoviscidose tombent plus souvent malades à cause de l’inhalation d’une solution saline hypertonique. Cela n’affecte en rien les bienfaits, largement démontrés, de l’inhalation d’une solution saline hypertonique pour fluidifier les mucosités. Il ne faut donc pas modifier le traitement sans en avoir d’abord discuté avec l’équipe soignante.
Cette étude fournit plutôt une base importante pour étudier à l’avenir de manière encore plus approfondie les avantages et les effets potentiels de ce traitement. Cette question prend également de l’importance à l’ère des modulateurs de CFTR, car de nombreuses personnes atteintes de mucoviscidose produisent des mucosités moins visqueuses sous ces traitements.
Seules des études cliniques ciblées permettront de déterminer si l’inhalation de solution saline hypertonique reste nécessaire à long terme dans la même mesure pour toutes les personnes atteintes de mucoviscidose.
Ce travail de recherche a bénéficié du soutien financier de Mucoviscidose Suisse (MVS).
Texte de référence: Ruth Steinberg. L’étude à l’origine de cette publication, intitulée An infant nasal microbial gene atlas uncovers intervention-driven microbiome shifts and salt-resistant pathogen expansion, a été publiée en 2026 dans la revue Cell Host & Microbe.